La Première de Sol Gabetta à l’Orchestre de Paris

Les 26 et le 27 mars derniers, l’Orchestre de Paris proposait un grand soir de première: Un concert inédit comme on n’en avait jamais entendu à la salle Pleyel, un peu à cause du programme, un peu à cause des invités.

Le Concerto pour Basson (en si bémol majeur, K.191) et la Messe en ut mineur (dite « Messe de l’Orphelinat ») de Mozart ont fait leur entrée au répertoire de l’Orchestre de Paris.
Ce n’était cependant pas les débuts de Mozart sur les planches de Pleyel. Par contre, Giovanni Antonini (à la direction) et Sol Gabetta (au violoncelle) eux, faisaient bel et bien leur début à l’Orchestre de Paris.

Sol Gabetta High Res 9 © Uwe Arens

On dit parfois que les premières fois sont difficiles, des premières fois comme celle-ci, j’en veux bien tous les jours.

Après 20 minutes de basson à couper le souffle (sur lesquelles je reviendrais plus tard), Sol est arrivée sur scène, belle comme un soleil et rayonnante dans une robe verte élégamment décolletée dans le dos.

En la voyant arriver, je dois vous confesser qu’entre son violoncelle de 1759 et son allure de princesse argentine, j’étais jalouse. Et en plus… c’est une Janine du violoncelle. Bref, par principe, j’ai décidé de la détester (stade ultime de la jalousie finalement).

Qu’il est beau ce concerto n°2 en ré majeur d’Haydn… une merveille du répertoire violoncellistique et une pièce qu’à priori je ne jouerais même pas dans 7 vies.

Dans son premier mouvement, il est entraînant avec ses motifs qui trottent vite dans la tête et qui passent de l’orchestre au soliste. Il est apaisant et plein de sérénité dans son second mouvement. Il est virtuose et désinvolte (genre « non c’est même pas dur les octaves en double corde qui montent qui montent… »).dans son mouvement final.

Sol en a fait à mes oreilles une interprétation brillante. C’était une belle arrivée à Pleyel, on ne peut que souhaiter l’entendre d’avantage.